Frise chronologique
IVe siècle
Fondation de la nécropole gallo-romaine
Fondation de la nécropole gallo-romaine
IVe siècle (≈ 450)
Site originel sous l'église actuelle.
Ve siècle
Fondation du prieuré bénédictin
Fondation du prieuré bénédictin
Ve siècle (≈ 550)
Première église sur la nécropole.
1067
Don à l'abbaye de Moissac
Don à l'abbaye de Moissac
1067 (≈ 1067)
Cession par Guillaume IV de Toulouse.
1189
Reddition de Toulouse à Simon de Montfort
Reddition de Toulouse à Simon de Montfort
1189 (≈ 1189)
Signature dans l'église.
1286
Promulgation des Coutumes de Toulouse
Promulgation des Coutumes de Toulouse
1286 (≈ 1286)
Acte juridique majeur.
1617
Cession aux Chartreux
Cession aux Chartreux
1617 (≈ 1617)
Échange ratifié par le pape Paul V.
1794
Transformation en fonderie de canons
Transformation en fonderie de canons
1794 (≈ 1794)
Utilisation révolutionnaire.
1977
Classement monument historique
Classement monument historique
1977 (≈ 1977)
Protection officielle.
1982
Acquisition par la ville de Toulouse
Acquisition par la ville de Toulouse
1982 (≈ 1982)
Devenue propriété municipale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre-des-Cuisines (ancienne) (cad. AE 14) : classement par arrêté du 6 juin 1977
Personnages clés
| Guillaume IV de Toulouse - Comte de Toulouse |
Cède l'église à Moissac (1067). |
| Raymond V - Comte de Toulouse |
Reconnaît les privilèges communaux (1189). |
| Simon de Montfort - Chef croisé |
Signe la reddition de Toulouse. |
| Bernard de Montaigut - Abbé de Moissac |
Transforme le prieuré en collège. |
| Paul V - Pape |
Ratifie la cession aux Chartreux (1617). |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-des-Cuisines, située rue de la Boule à Toulouse, est la plus ancienne église du sud-ouest de la France. Construite sur une nécropole gallo-romaine du IVe siècle, elle est fondée au Ve siècle comme prieuré bénédictin. Au XIe siècle, le comte Guillaume IV de Toulouse la cède à l'abbaye de Moissac. Elle devient un lieu de réunion pour les notables toulousains, où sont promulguées les Coutumes de la ville en 1286.
Au XIIe siècle, l'église est un haut lieu politique : les comtes Raymond V, VI et VII y reconnaissent les privilèges de la commune de Toulouse. En 1189, Simon de Montfort y signe la reddition toulousaine. L'édifice, remanié aux XIIIe et XVe siècles, conserve des vestiges romans (portail, fenêtres) et une crypte archéologique révélant une basilique paléochrétienne.
En 1617, le prieuré est cédé aux Chartreux de Toulouse en échange de Villardonnel, après ratification par le pape Paul V. Négligée par les Chartreux, l'église se dégrade : effondrements en 1758 et 1779. À la Révolution, elle est désaffectée, transformée en fonderie de canons (1794), puis en arsenal jusqu'en 1965. Classée monument historique en 1977, elle abrite aujourd'hui un auditorium du conservatoire de Toulouse.
Le nom « Saint-Pierre-des-Cuisines » vient d'une francisation de Coquinis, terme désignant des artisans locaux. L'église, propriété de la ville depuis 1982, est gérée par le musée Saint-Raymond. Son histoire reflète les bouleversements religieux, politiques et militaires de Toulouse, de l'époque gallo-romaine à la Révolution.
L'édifice mêle architecture romane (nef, chœur à chevet plat) et éléments médiévaux. La crypte, accessible, expose des vestiges du IVe siècle. Après sa restauration, l'église a perdu sa fonction cultuelle pour devenir un lieu culturel, symbole de la réappropriation du patrimoine toulousain.